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Pourquoi « Vues de l’intérieur » ?

Parce que beaucoup de Français ignorent tout de nos quartiers et s’en sont fait une opinion sur des élucubrations souvent malsaines !
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Regardons nous en face …

 


L’orgueil


 

Pas assez digne de ta compagnie

Tu vois les autres bien petits

Tu les supportes, les sous estimes

Ton mépris d’autrui creuse des abîmes

Ton sourire superficiel et ton opacité

Masque difficilement ton animosité

Du haut de ton illusion de grandeur

N’oublie pas que tu es humain, frère !

Et que l’orgueil, ce mal né de ton cœur

Ne t’apporte que tristesse et malheur

Tu te prends pour le seigneur des Rois

Bien que tu n’ais pas confiance en toi

 

 

 

Face à l’horreur …

Après la violence, je définis l’horreur avec mes mots. J’aimerais mettre en poésie quelques émotions, des sentiments … Décrire une réaction humaine face à des rencontres qu’elles soient affligeantes ou agréables. Et révéler ainsi notre Egalité. Parce que face à la vie, d’un humain à l’autre, nos réactions et ressentis sont souvent très proches.


Horreur


 

Horreur : cet indescriptible châtiment

Par habitude s’installe insidieusement

Ou encore surprends soudainement

Blessant parfois un être abjectement

Ou arrachant  une âme sœur de son corps

Celui qui n’en meurt pas n’est pas plus fort

Horreur : laisse des blessures invisibles à l’œil

Mais perceptible par le cœur en deuil

Grondant et murant à jamais le soleil

Horreur : Ce passé troublant le sommeil

Ou cet avenir incertain devant son seuil

Ce présent amer torturant chaque instant,

Dépossédant un vivant de tout sentiments

Violant un corps et pénétrant un inconscient

S’exprimant à travers un cauchemar récurrent

Pour finalement mettre au monde malgré soi

Ses deux enfants illégitimes : Phobie et Effroi

« A vif » : Le duel où Kery James défie les préjugés de tous bords …

En tournée dans toute la France, le célèbre rappeur français fait aujourd’hui du théâtre comme s’il avait été comédien depuis toujours. Hier soir, au Radiant (Caluire) et par le biais des Cités d’Or, j’ai assisté à sa pièce : « A vif ». A voir absolument avant d’aller voter !

C’est un spectacle qui émeut par son intelligence, met en lumière et secoue les préjugés conscients ou inconscients de chacun. C’était aussi, des spectateurs inattendus au théâtre : des jeunes de banlieues très attentifs et mêlés à un public mixte.

« L’état est-il seul responsable de la situation actuelle des banlieues ? »

Il met en scène un concours d’éloquence entre 2 jeunes avocats : Yann Jarraudière et Souleymane Traore. Un duel oratoire entre un noir et blanc. Entre un riche et un pauvre. Le plus convaincant, le plus méritant des deux, accédera alors à un brillant avenir dans un grand cabinet d’avocat parisien.

Le sujet du concours : une question : L’état est-il seul responsable de la situation actuelle des banlieues ?

Pour Souleymane (Kery James), les habitants issus comme lui de banlieues sont responsables de leur échec social. De même que la délinquance, selon lui, est un pur choix.

Yann (Yannick Landrein), issu d’un milieu aisé, quant à lui, met en cause la responsabilité de l’état, avec des arguments tout aussi pertinents et persuasifs que son adversaire.

Leurs plaidoiries sont tellement bien jouées et argumentées qu’il est extrêmement difficile de prendre parti pour l’un ou pour l’autre.

Ces 2 plaidoyers m’ont évoqué, entre autres, les 2 états entre lesquels on oscille souvent. Pris entre le défaitisme et l’envie de baisser les bras face à la fatalité et l’adversité puis entre l’espoir et la volonté de s’en sortir malgré tout …

Mon avis d’habitante de quartier à la question posée :

On ne peut nier que les difficultés dans un quartier sont bel et bien là, telles une force qui nous tire et nous maintient vers le bas. Il règne souvent une ambiance malsaine et délétère dans nos quartiers. Une influence dans laquelle baigne beaucoup de jeunes (et moins jeunes) au quotidien. Un milieu certes, mais surtout un état d’esprit qui enferme sévèrement une jeunesse sans repères.

S’il n’est pas impossible de réussir socialement quand on est issu d’un quartier, il nous faut fournir bien plus d’efforts et contourner beaucoup plus de difficultés qu’ailleurs. Des obstacles comme : la ségrégation spatiale, la discrimination ethnique, un niveau scolaire et d’enseignement plus bas que dans les zones plus aisées …

Cela dit, la société n’est pas la seule responsable de cet empêchement. Parfois, les contraintes sont culturels. Très souvent, elles émanent des personnes elles-mêmes. Dans nos quartiers nous sommes souvent frappés de désespoir et limités par des barrières mentales avant toute autre difficulté.

Enfin, si la réussite sociale demeure une exception pour les personnes issues de cités sensibles, la réussite humaine, quant à elle, est possible et accessible à tous. Si la pauvreté suscite une tentation plus grande vers l’illicite et l’illégal, personne ne nous force à y céder. Si nous ne sommes pas responsables de notre pauvreté matérielle, nous sommes en revanche entièrement responsables de nos actes d’incivilités et de délinquances.

Partout en France, on peut être pauvre et bon, riche et con et inversement … L’ascension sociale demeure encore difficile dans nos quartiers mais l’Humanité et la Bêtise sont quant à elles universelles et démocratiques …

Elle blesse toujours …

Par sa force apparente elle pense maitriser sa victime

Elle révèle pourtant la faiblesse de ceux qu’elle domine

La violence est une morsure pernicieuse

Une brulure furieuse qui se répand et creuse

La peau, la chair, puis dans le cœur elle se loge

De la haine et des rancœurs, elle y fait l’éloge

Ses ravages silencieux n’en sont pas moins douloureux

Et ses dommages par-delà les bleus font bien des anxieux

Ses coups invisibles n’en sont pas moins affligeants

Et son venin persiste au-delà du sang, à travers le temps

Qu’on la provoque ou qu’on la subisse, A-t-elle un remède ?

Sans équivoque, contre l’Injustice, on a tous besoin d’aide …

Ecrire c’est vivre !

J’ai voulu faire un  billet sur l’écriture et ses vertus. Mais ce sont ces vers qui me sont venus à l’esprit. Deviendrais-je poétesse ? 🙂 En tout cas, je trouve que la poésie peut exprimer en quelques lignes ce que de longs textes ne peuvent révéler …

 

Ecrire c’est vivre !

 

J’ai retrouvé mes vieux cahiers

De l’horreur ils témoignaient

 

L’encre a gravé le passé,

Lors d’un présent blessé

 

En les relisant je souris,

Parce que c’est bien fini

 

Avec espoir vers l’avenir

Je continue à écrire,

 

Déroulant le fil de nœuds

Qui persistent en mon âme

 

Je libère peu à peu

L’enfant, la femme, la flamme

Les médias et les flammes de nos cités

La semaine dernière (le 12 janvier), j’ai eu la joie de participer à une table ronde par le biais du médias Rue 89 Lyon et de la Médiathèque de Vaise (Lyon 9), dans le cadre de l’évènement : « Démocratie« .

Le thème était : « Les blogs, une autre manière d’informer sur les quartiers populaires »

N’étant pas journaliste, je me suis exprimée en tant qu’habitante de quartiers populaires et j’ai pu, notamment, donner mon avis au sujet des médias classiques. Très souvent, ils parlent de nos quartiers seulement lorsque ça s’enflamme ou s’effondre. Autrement dit quand c’est spectaculaire …

Pour illustrer mon propos, j’ai évoqué le relogement à la Sauvegarde. Voilà plus d’un an que l’annonce de la démolition de nos 2 bâtiments s’est faite sans que (quasiment) personne n’en parle. Cela n’aurait pas été bien grave si en contrepartie les incendies et les autres faits violents n’étaient pas abondamment relatés.

L’information vis à vis de nos quartiers est très déséquilibrée : quasiment inexistante sauf pour les faits dramatiques. Cette image de violence nous colle inlassablement et se répercute sévèrement sur nos vies. Et quand, par exemple, nous n’arrivons pas à trouver un stage ou un emploi, c’est très souvent lié à cette étiquette laide, effrayante et injuste.

Actuellement en mode poète 🙂 , cette situation m’a inspirée ces quelques vers …

Les Misérables & les flammes

Les misérables des 500

Vivent dans de vieux bâtiments

Ils n’intéressent personne

Ils attendent un déménagement

Quand enfin l’heure sonne

Ils s’en vont sagement

Nettoyant un quartier

De sa misère et sa pauvreté

Dans l’anonymat et l’oubli

Ils quitteront leurs vies

En débarrassant la ville

De la gêne et l’ennui

Ils vivent à la Sauvegarde

Et personne ne les regarde

Mais si l’incendie dégrade

Les feux des médias s’allument

De ces flammes d’amertumes

Les malheureux sont lucides,

Et soucieux de ces paroles vides.

Aux brûlures vives et morbides.

Les cruels et vautours cupides

Aux misérables jamais ne s’abaissent

Sinon pour les enclaver sans cesse

 

Poèmes : La guerre parlant à l’homme

Mon éclosion enflamme un désaccord

Mon cheminement instaure la terreur

Mon dénouement est jonché de corps

Et mes histoires sont de vraies horreurs

Je suis la guerre cette épouvante

Celle qui trahit toutes vos attentes

Quand de nouveau vous m’acclamez

Je prépare lourdement mon armée

Avant de montrer ma laideur

Je prétexte vos belles valeurs

En ciblant vos vieilles rancœurs

Avec mes gants de velours je me glisse

Pas à pas, doucement je me hisse

Et dans un fracas me revoilà !

Je gronde et frappe çà et là

Je suis la guerre cette meurtrière

Celle que vous aviez bâti naguère

Je renais depuis la même colère

Je foudroie, décime et déracine

M’abats, châtie et assassine

En déversant l’hémoglobine

J’arrache les têtes, les bras …

Peu importe tout me va

Je me nourris de vos larmes et cris

Et de vos familles j’enlève la vie

Rien ne résiste à mon passage

Ni le vieux, ni l’enfant, ni le sage

En voulez-vous davantage ?!

Etes-vous marqué par l’oubli ?!

Il faut donc croire que oui !

L’histoire n’a pas servi vos consciences

Je progresse même avec la science

Poèmes : Le cancre et sa plume

Ces dernières semaines je me passionne de poésie. J’aimais déjà beaucoup la lire. Aujourd’hui je m’essaie à l’écrire. Par simple plaisir et sans aucune méthodologie.

J’ai donc crée une  catégorie « Poèmes » dans mon blog. J’y publierai mes poésies et occasionnellement celles d’autres personnes issus de quartiers populaires mais pas seulement. L’un de mes objectifs avec ce blog étant de valoriser les personnes comme moi issus de ces quartiers sans pour autant les isoler. « Je suis la norme et la différence » comme l’exprimait très bien Khaoula dans son beau poème « JE SUIS TOI » 

Je souhaite à tous une excellente année 2017 !  

Safya  dla Duch’


Le cancre et sa plume

 

Le beau, très peu l’inspire

Il aime le voir, le ressentir

Mais ne sait point l’écrire

Encore moins le décrire

La laideur et l’horreur quant à elles

Libèrent la plume de l’élève et ses ailes

Elles délivrent amplement son encre

Soulageant le pauvre cancre

De la page et des nuits blanches

L’enfant craintif par revanche

S’arme de sa plume et défie le noir

Pour ne plus faire de cauchemars

Il corrige, colore, pensif et avide

Panse ses plaies et remplit son vide

Gommant ses maux accusatoires

Quelques instants face au miroir

 

La street, le Tieks, le Bendo … Et le RAP inconscient

Le RAP Français ne cesse de s’appauvrir laissant souvent place à de jeunes (et moins jeunes) rappeurs se valorisant à travers des attitudes et des paroles violentes et provocatrices. C’est malheureusement la culture que revendiquent fièrement et de plus en plus tôt beaucoup d’adolescents de quartiers pauvres et populaires.

La cité.jpg

Les motos, les armes, le sexe, la drogue, les femmes objets, la défiance vis-à-vis de la police et de l’autorité … Sont revendiqués sans aucunes gênes et tout à fait librement … Tous ces sons rythmés et très séduisants font des millions voire des dizaines de millions de vues à chaque nouvelle publication. Beaucoup de jeunes aiment leurs quartiers de cette manière et s’y attachent avec cette identité. En pensant ainsi être valorisés et reconnus. Ces chanteurs ont-ils conscience de l’impact de leurs mots sur nos vies et celles de nos enfants ? Ou bien ont-ils fait de notre misère un commerce ?

En tant que parents nous sommes inquiets face à cet engouement dont les objectifs sont purement commerciaux. De plus, les très grandes audiences et notoriétés n’ont pas échappé à beaucoup de marques qui y glissent de la publicité de façon subtile mais non moins efficace. Alimentant et validant ainsi cette culture de la violence.

Cette valorisation par le mal cible prioritairement une jeunesse déjà socialement fragilisée. C’est une mentalité qui attise chez des adolescents l’envie de prendre des risques à un âge où l’on n’a pas forcément conscience du danger. C’est aussi, très souvent, des paroles et des situations dégradantes pour les femmes. Ces tendances existaient déjà dans nos quartiers mais avec Internet, elles se sont amplifiées et interrogent des parents démunis face à des comportements provocateurs et sexistes qu’ils n’ont jamais enseignés à leurs enfants.

Par ailleurs, la rénovation urbaine et le changement d’identité qu’elle apporte aux quartiers perturbent nombres d’adolescents en construction qui se reconnaissent difficilement dans ce nouveau décor et dont ils se sentent parfois exclus. Avec la transformation urbaine, c’est tout un pan de l’histoire des quartiers qui disparaît. Ce qui est loin d’être anodin …

Un accompagnement éducatif bienveillant basé sur la confiance et la découverte d’une culture plus saine devrait être proposé en aide aux parents des quartiers populaires. Il faudrait aussi accorder à ces adolescents et jeunes adultes ainsi qu’à leurs ressentis, une réelle attention en leurs proposant par exemple, de s’exprimer à travers des ateliers audiovisuels, d’écriture …

« Prends pas ta vie pour une chanson parce qu’un beau jour tu vas danser sans sons »- Kerry James

 

 

 

Dounia & Louis …

Je continue d’écrire ma fiction inspirée de faits réels : Dounia.

Afin que l’histoire soit cohérente dans son ensemble, je dois revenir sur certains passages déjà écrits.  Il faudrait donc que je la finisse complètement  avant de mettre la suite sur mon blog …

Aujourd’hui, je publie un petit extrait qui n’est pas une suite. C’est un personnage de l’histoire et une rencontre improbable. Louis : un riche architecte qui fera vivre et voir à Dounia ce qu’elle n’aurait probablement jamais du savoir …

Louis

louis

Louis avait la quarantaine. C’était une beauté froide au regard perçant et bleu acier. Il ne laissait jamais transparaître la moindre étincelle d’émotion ce qui rendait la jeune fille complètement dingue et perplexe. Ses violents silences énigmatiques et répétés donnait à Dounia l’impression de toujours rester sur sa faim.
Lui, semblait au dessus de tout, tout connaître, tout savoir, tout contrôler …
Sans vraiment comprendre pourquoi, elle voulait l’élucider et percer à jour son mystère. Mais il délivrait chaque mot avec parcimonie et méfiance. Parfois, un sourire illuminait son visage et le rendait humain un bref instant. Mais il reprenait très vite les rennes de son personnage robotisé …