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Pourquoi « Vues de l’intérieur » ?

Parce que beaucoup de Français ignorent tout de nos quartiers et s’en sont fait une opinion sur des élucubrations souvent malsaines !
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Différences & Égalité, impossible !?

Différence & Egalité, une équation en Humanité
Vraie, en temps de liberté. Juste, il est ton égal
Malgré vos différences, son bonheur est légal
Derrière ses apparences, son cœur a l’habileté
D’éprouver autant d’attirance, d’amour et bontés …
Regarde dans ses yeux, et ensemble scellez !
« Egalité & Fraternité » : Libertés si pures à écouter
Plus vérifiées encore, si, unis, vous les accordiez
Au passé, pour l’avenir, sous le ciel de la réalité

Condamnés à vivre (ensemble)

J’ai mal à la vie
Quand elle me sourit
J’ai mal à la mort
Qui rappelle les siens
Et emporte les corps
J’ai mal à l’oubli
Quand je me souviens
Je ne saisis plus l’amour
Au cœur il vise toujours
J’ai mal tout court
Sans savoir toujours
Pourquoi c’est si lourd
La vie est belle. Oui, mais pour qui ?
Quand l’un rit l’autre pleure et survit
Le bonheur et les morts qu’il a tant chéri
A quoi bon détruire, se haïr ?
Quand tous, sommes assujettis,
Ensemble, condamnés, à vivre et à mourir …

Relogement : Après l’espoir, la désillusion puis la résignation …

Voilà bientôt 2 ans que l’annonce de démolition a été faite et pour moi, toujours pas de déménagement en vue. Et aujourd’hui, une immense déception …

En septembre 2015, nous apprenions que nos 2 bâtiments 520 et 530 à la Sauvegarde allaient être démolis. J’avais emménager seulement depuis quelques mois, avais tout repeins, monter mes meubles sauf ma chambre. Puisque nous allions être relogés, j’ai pensé qu’il vallait mieux qu’elle reste emballée. J’ai donc dormi pendant presque 2 années sur un minuscule canapé parce que j’allais déménager prochainement …

Aujourd’hui, à mon grand désarroi, je viens d’apprendre que le logement que j’ai visité et accepté en Novembre 2016 nous a été refusé pour une raison que je considère terriblement injuste et injustifiée. Je ne la détaillerai pas ici.

J’ai donc pris des résolutions :

  • Je ne donnerai plus une minute de mon temps pour un quartier (pas les habitants) qui me rejette après tant d’heures de vie et d’énergie généreusement offertes.
  • Je monte ma chambre et nettoie mes balcons laissé à l’abandon et aux pigeons puisque j’allais partir incessamment …
  • Je ne veux plus entendre parler de relogement, ni de réunions, ni de bénévolat …
  • Je ne souhaite plus visiter de logement pendant au moins 6 mois. J’ai besoin de me poser dans ma tête.
  • Je ne m’identifie plus à un quartier, ni à une cité ni à un lieu. Je suis Française, Algérienne et Citoyenne du monde et quand ma condition sociale me le permettra, s’il faut partir je le ferai sans aucun regrets. C’est moi qui l’aura choisi et ce sera pour évoluer dans ma vie inchallah.

J’ai compris durant tous ces mois «d’investissement» que les seuls vrais problèmes des habitants des quartiers populaires étaient la pauvreté, le manque de formation et le chômage. L’argent ne fait pas le bonheur mais il évite bien des problèmes …


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Les 500 !

Face à la politique


Désabusé


C’est le sentiment d’un banlieusard (anonyme) qui a écris, ci-dessous, quelques vers, désabusé et déçu par la politique en général et par les promesses non tenues …

« La politique aujourd’hui c’est :

Mettre en valeur la forme au détriment du fond 
Apparaitre dans des salons, des inaugurations …
Dans de belles postures, exprimer des paroles vides d’actions
De beau parleur à menteur, prendre les gens pour des cons 
Des promesses non tenues jadis, de nouveau lancées sans convictions 
Un langage de bois couramment maitrisé en feignant l’émotion 
Une course acharnée, affamée, pour atteindre et gagner l’élection 
Un monde hostile, où les sourires camouflent les intentions 
Où la jungle animale apparaît innocente et vraie en comparaison »

« Banlieusard et fier de l’être »

Face à l’Amour

Vis-à-vis de ce sentiment qui chamboule et fascine, les réactions sont très variées d’une personne à l’autre, d’une situation à une autre … Mais qui n’a pas rêvé un jour de trouver l’Amour ? Qui l’a réellement trouvé ?  🙂

Aujourd’hui, je publie l’un des textes de Khadija. Je trouve qu’elle exprime de façon très pertinente et poétique, le paradoxe et les bouleversements douloureux que l’Amour peut parfois soulever dans l’esprit et dans la vie d’un être humain.

« L’amour me parait maintenant comme une montagne. Grande et immense. Elle m’impressionne, me fait peur. Me parait parfois un monstre, dépossédant les personnes qui le ressentent, de leur propre être, de leur propre cœur.

Moi qui avant en étais submergé, maintenant il me terrifie. Je le fuis où que je le trouve, fusse-t-il dans les méandres de mon esprit.

Je trouvais auparavant l’amour passionnel beau, touchant. Je m’en faisais une belle image, je me la représentais comme un soleil couchant sur le rivage. Et puis lorsque je l’ai ressenti, que je l’ai vécu, j’ai tout de suite voulu le fuir. Il n’était pas un bon hôte, et mon cœur souffrait en sa présence. Il le rendait malade, fou.

J’ai compris tout de suite que cette jolie chose avait un deuxième visage, un visage effrayant. Moi qui pensais que le vivre ferait de moi la plus heureuse, je n’ai été, à aucun instant prise d’un tel bonheur. Au contraire, je subissais son emprise sur ma personne, pleurant jour et nuit, ne pouvant me défaire de mon ennemi. Et j’ai appris à le côtoyer, en espérant un jour en être délivrée.

Et puis un jour, j’ai décidé de le fuir. De fuir ce bonheur qui me tuait, à petit feu. De fuir ce sentiment qui me mettait mal à l’aise, mal de l’être. Comme Jonas dans le ventre de la baleine, je me suis extirpée de ce monstre qui m’a gobée toute entière, m’avalant, me faisant disparaître de la réalité.

Piégée dans cette sphère à laquelle je ne voulais plus appartenir, je me sentais incomprise par moi-même, seule dans ma solitude devenue pesante. L’amour était mon ennemi, et j’étais devenue ennemie de moi-même. Je ne me comprenais plus, je ne me reconnaissais plus.

J’aimerais un jour ne plus avoir à la recroiser, cette montagne qui m’a tant fait peur. Mais comme on dit, il n’y a que les montagnes qui ne se croisent pas. Je ne suis pas une montagne, tôt ou tard je la retrouverais. »

Et puis, dans un autre de ses textes, elle exprime à merveille la passion, l’ivresse et le bien être qui peuvent animer un cœur et un corps amoureux.

« Laisse moi me noyer dans l’océan de ton amour, sur la plage de ton cœur je me nourrirais de ta chaleur. Ma peau halée, sera le résultat de l’exposition de ta lumière, me procurant un véritable bien être, sensation si particulière. Me plongeant dans la mer de tes yeux, débordant de larmes, les faisant briller tout deux. Ils luisent tel une lucarne, et embrase ma personne, ravivant la flamme. Flamme devenant un incendie, devant toi je brûle, devant toi je fonds, face à toi je vie. La flamme de la vie, l’eau qui ravive. Elle, ma mie, la plus que vive.
Sois eau que je te bois, afin que tu coule en moi. Sois flamme, que tu m’enflamme, je t’en prie deviens ma femme.
Braises douces, ta douceur me touche. Devant toi je succombes. Je ne souhaite plus rencontrer la tombe. Que je vive à tes côtés pour l’éternité. Qu’on soit amour amants et amitié. Que je me perde dans ton intimité. Vole moi mon cœur, afin que je puisse m’envoler. Volons tous les deux, âmes sœurs, errons dans les airs. Tu me fais décoller, avec toi je n’arrive plus à avoir les pieds sur terre. Sois ma terre, et mon ciel, mon rêve et ma réalité. Subissant la gravité, mon amour, je ne peux plus de toi me détacher. Sois ces ailes, soit elle. Sois celle qui me donnera des ailes. »

Regardons nous en face …

 


L’orgueil


Pas assez digne de ta compagnie

Tu vois les autres bien petits

Tu les supportes, les sous estimes

Ton mépris d’autrui creuse des abîmes

Ton sourire superficiel et ton opacité

Masque difficilement ton animosité

Du haut de ton illusion de grandeur

N’oublie pas que tu es humain, frère !

Et que l’orgueil, ce mal né de ton cœur

Ne t’apporte que tristesse et malheur

Tu te prends pour le seigneur des Rois

Bien que tu n’ais pas confiance en toi

Face à l’horreur …

Après la violence, je définis l’horreur avec mes mots. J’aimerais mettre en poésie quelques émotions, des sentiments … Décrire une réaction humaine face à des rencontres qu’elles soient affligeantes ou agréables. Et révéler ainsi notre Egalité. Parce que face à la vie, d’un humain à l’autre, nos réactions et ressentis sont souvent très proches.


Horreur


 

Horreur : cet indescriptible châtiment

Par habitude s’installe insidieusement

Ou encore surprends soudainement

Blessant parfois un être abjectement

Ou arrachant  une âme sœur de son corps

Celui qui n’en meurt pas n’est pas plus fort

Horreur : laisse des blessures invisibles à l’œil

Mais perceptible par le cœur en deuil

Grondant et murant à jamais le soleil

Horreur : Ce passé troublant le sommeil

Ou cet avenir incertain devant son seuil

Ce présent amer torturant chaque instant,

Dépossédant un vivant de tout sentiments

Violant un corps et pénétrant un inconscient

S’exprimant à travers un cauchemar récurrent

Pour finalement mettre au monde malgré soi

Ses deux enfants illégitimes : Phobie et Effroi

« A vif » : Le duel où Kery James défie les préjugés de tous bords …

En tournée dans toute la France, le célèbre rappeur français fait aujourd’hui du théâtre comme s’il avait été comédien depuis toujours. Hier soir, au Radiant (Caluire) et par le biais des Cités d’Or, j’ai assisté à sa pièce : « A vif ». A voir absolument avant d’aller voter !

C’est un spectacle qui émeut par son intelligence, met en lumière et secoue les préjugés conscients ou inconscients de chacun. C’était aussi, des spectateurs inattendus au théâtre : des jeunes de banlieues très attentifs et mêlés à un public mixte.

« L’état est-il seul responsable de la situation actuelle des banlieues ? »

Il met en scène un concours d’éloquence entre 2 jeunes avocats : Yann Jarraudière et Souleymane Traore. Un duel oratoire entre un noir et blanc. Entre un riche et un pauvre. Le plus convaincant, le plus méritant des deux, accédera alors à un brillant avenir dans un grand cabinet d’avocat parisien.

Le sujet du concours : une question : L’état est-il seul responsable de la situation actuelle des banlieues ?

Pour Souleymane (Kery James), les habitants issus comme lui de banlieues sont responsables de leur échec social. De même que la délinquance, selon lui, est un pur choix.

Yann (Yannick Landrein), issu d’un milieu aisé, quant à lui, met en cause la responsabilité de l’état, avec des arguments tout aussi pertinents et persuasifs que son adversaire.

Leurs plaidoiries sont tellement bien jouées et argumentées qu’il est extrêmement difficile de prendre parti pour l’un ou pour l’autre.

Ces 2 plaidoyers m’ont évoqué, entre autres, les 2 états entre lesquels on oscille souvent. Pris entre le défaitisme et l’envie de baisser les bras face à la fatalité et l’adversité puis entre l’espoir et la volonté de s’en sortir malgré tout …

Mon avis d’habitante de quartier à la question posée :

On ne peut nier que les difficultés dans un quartier sont bel et bien là, telles une force qui nous tire et nous maintient vers le bas. Il règne souvent une ambiance malsaine et délétère dans nos quartiers. Une influence dans laquelle baigne beaucoup de jeunes (et moins jeunes) au quotidien. Un milieu certes, mais surtout un état d’esprit qui enferme sévèrement une jeunesse sans repères.

S’il n’est pas impossible de réussir socialement quand on est issu d’un quartier, il nous faut fournir bien plus d’efforts et contourner beaucoup plus de difficultés qu’ailleurs. Des obstacles comme : la ségrégation spatiale, la discrimination ethnique, un niveau scolaire et d’enseignement plus bas que dans les zones plus aisées …

Cela dit, la société n’est pas la seule responsable de cet empêchement. Parfois, les contraintes sont culturels. Très souvent, elles émanent des personnes elles-mêmes. Dans nos quartiers nous sommes souvent frappés de désespoir et limités par des barrières mentales avant toute autre difficulté.

Enfin, si la réussite sociale demeure une exception pour les personnes issues de cités sensibles, la réussite humaine, quant à elle, est possible et accessible à tous. Si la pauvreté suscite une tentation plus grande vers l’illicite et l’illégal, personne ne nous force à y céder. Si nous ne sommes pas responsables de notre pauvreté matérielle, nous sommes en revanche entièrement responsables de nos actes d’incivilités et de délinquances.

Partout en France, on peut être pauvre et bon, riche et con et inversement … L’ascension sociale demeure encore difficile dans nos quartiers mais l’Humanité et la Bêtise sont quant à elles universelles et démocratiques …

Elle blesse toujours …

Par sa force apparente elle pense maitriser sa victime

Elle révèle pourtant la faiblesse de ceux qu’elle domine

La violence est une morsure pernicieuse

Une brulure furieuse qui se répand et creuse

La peau, la chair, puis dans le cœur elle se loge

De la haine et des rancœurs, elle y fait l’éloge

Ses ravages silencieux n’en sont pas moins douloureux

Et ses dommages par-delà les bleus font bien des anxieux

Ses coups invisibles n’en sont pas moins affligeants

Et son venin persiste au-delà du sang, à travers le temps

Qu’on la provoque ou qu’on la subisse, A-t-elle un remède ?

Sans équivoque, contre l’Injustice, on a tous besoin d’aide …

Ecrire c’est vivre !

J’ai voulu faire un  billet sur l’écriture et ses vertus. Mais ce sont ces vers qui me sont venus à l’esprit. Deviendrais-je poétesse ? 🙂 En tout cas, je trouve que la poésie peut exprimer en quelques lignes ce que de longs textes ne peuvent révéler …

 

Ecrire c’est vivre !

 

J’ai retrouvé mes vieux cahiers

De l’horreur ils témoignaient

 

L’encre a gravé le passé,

Lors d’un présent blessé

 

En les relisant je souris,

Parce que c’est bien fini

 

Avec espoir vers l’avenir

Je continue à écrire,

 

Déroulant le fil de nœuds

Qui persistent en mon âme

 

Je libère peu à peu

L’enfant, la femme, la flamme