à la Une

Pourquoi « Vues de l’intérieur » ?

Parce que beaucoup de Français ignorent tout de nos quartiers et s’en sont fait une opinion sur des élucubrations souvent malsaines !
Lire la suite de « Pourquoi « Vues de l’intérieur » ? »

Les fruits de nos cités

cactus fruitsDe nos cités arides nous vaincrons fièrement

Au loin, souffle le vent de notre printemps

Mais personne ne l’entend

Assourdis par l’intolérance qui nous arrose et nous laboure

Nos cités bourgeonnent déjà, mais très peu le perçoit

Aveuglés par la haine de malveillants et de traitres médias

Nos cités fleuriront et apporterons fruits en leur temps

Et en dépit de la confusion, du bruit et des mauvais traitements

Nos fruits seront succulents et extrêmement résistants

Activités pour adolescents casse-cou

A l’âge où leur corps est en pleine métamorphose, les ados ont besoin de le redécouvrir et de se le réapproprier mais pas n’importe comment. Au même titre qu’ils testent les limit…

Source : Activités pour adolescents casse-cou

Nouveau cap : « changer mon monde avant de changer le monde »

vacances

Merci à mes (presque) 100 abonnés de me lire et de me soutenir régulièrement. J’ai un grand besoin de vacances et de repos. De me recentrer sur mon organisation personnelle et familiale, sur l’essentiel. De faire le ménage dans ma vie. Cette année scolaire m’a usée. J’ai pris 10 ans, 10 kg … Mais c’est avant tout de ma faute. J’ai oublié de penser à moi et me suis éparpillée dans trop de choses à la fois.

Bonnes vacances à tous, à bientôt !


Safya

Pauvre & bénévole

Etre bénévole, c’est super et enrichissant, à condition d’avoir du temps libre et une situation financière stable. Sinon, c’est nuisible et contradictoire. Je l’ai appris à mes dépens cette année. Sans rentrer dans les détails, je me suis investis dans des projets sur lesquels : soit je n’avais que très peu de pouvoir, soit pour des causes dont on ne verra le bénéfice (éventuel) qu’à long terme. Lire la suite de « Pauvre & bénévole »

Le décrochage scolaire : une malédiction dans nos cités ?

Telle une malédiction, la menace du décrochage scolaire pèse sur nos enfants à la Duchère et dans tous les quartiers dits sensibles. Mon fils a été un très bon élève jusqu’à ce que des problèmes personnels le plomblent et qu’il embarque dans le train du décrochage en fin de 3ème.

décrochage scolaire

Pourquoi est-on plus enclins à décrocher dans les quartiers populaires qu’ailleurs ?

Pour moi, les raisons ont été notamment : de la négligence (de ma part aussi), un manque d’écoute, de compréhension et d’empathie de la part de l’équipe éducative et de l’Académie.

S’il y a aujourd’hui un conseil que je peux donner aux parents de la Duchère et des quartiers « sensibles » en général c’est :

  • Allez au CIO le plus tôt possible, votre enfant commencera à réfléchir à ce qu’il a envie de faire avec des personnes compétentes. Parlez en aussi avec lui.
  • Ne prenez pas pour argent comptant ce que l’équipe éducative du collège vous dit, même s’ils font preuve de bonne volonté, ils sont parfois dépassés par l’ampleur du travail. Et puis, ce ne sont pas leurs enfants et ils n’en ont pas qu’un seul à orienter. Moi, ils m’avaient dit lors du conseil de classe du 2ème trimestre : « Ne vous inquiétez pas on s’occupe de votre fils », j’ai fait confiance … Et ça nous a mené au décrochage.
  • Remplissez la fiche de vœux avec une très grande attention et très méticuleusement. Ne le faîte pas au dernier moment. Vous pouvez vous faire aider bien sûr, mais méfiez-vous, une seule erreur peut être fatale, irréversible et se retourner contre vous. J’ai mal rempli la fiche de vœux parce que mon fils ne savez absolument pas ce qu’il voulait faire. J’essayais de lui arracher quelque chose qu’il ignorait vraiment. Il devrait y avoir aussi une case : « Ne sais pas ». Au final, le seul vœu que j’ai choisi à sa place, par erreur, a été le choix  qui nous a été «imposé».

Une fois qu’il est orienté en lycée professionnel et que ce n’est pas un domaine qu’il a VRAIMENT choisi sans (mauvaises) influences extérieures, il commencera à décrocher et vous vous userez à le raccrocher. Vous recevrez régulièrement des sms et des appels du lycée qui vous rappelleront sa situation et vous plongeront dans le désespoir. Qui vous rappelleront que votre enfant est sorti avec son cartable mais pas pour aller à l’école. Et dans cette bataille-là, vous serez seule au monde. Ceux qui auront pris la lourde décision finale de son orientation ne seront plus là, pas même pour demander de ses nouvelles. Le travail a été mal fait mais qu’importe, il n’est plus élève au collège.

Ce combat vous épuisera, vous fera perdre la tête, la mémoire, votre joie de vivre, vous donnera des cheveux blancs, des insomnies … L’avenir de votre enfant et le vôtre sembleront sombre. Votre enfant souffrira autant, peut-être même plus que vous et l’exprimera selon sa personnalité. Et vous l’observerez souffrir, impuissants. Il aura la possibilité de se réorienter en fin de seconde mais il aura souvent déjà 16 ans et ne sera plus prioritaire. Vous aurez donc très peu de chances pour qu’ils soient accepté dans le lycée de son choix.

Ne faites confiance aveuglement à personne, je me répète parce que c’est très important. Vous seuls et votre enfant savez ce qui est bien pour lui et la décision finale devrait vous revenir. Récemment, je suis allé au CIO pour demander une réorientation. La directrice a ressorti le dossier de mon fils et la décision qui avait été choisie par la conseillère d’orientation en fin de 3ème était : le redoublement, ce que je me suis tuée à demander en vain

Sachez que plus qu’ailleurs (aussi), quand il aura complètement décroché d’autres voies l’accueilleront volontiers : une mauvaise estime de lui même, la délinquance, le trafic de drogue, l’exclusion, la prison, le despoir, la dépression …

Il faut agir en amont, bien avant. Faites-vous aider avec les dispositifs et outils à votre disposition, mais ne faites confiance à personne. C’est de l’avenir de Votre enfant dont il s’agit et à part vous, ça n’empêchera personne de dormir s’il décroche …

Dounia – 3

Khadra devint brusquement étrange à l’égard de sa belle-fille le soir de ses premières règles. C’était il y a 3 ans, lors d’une sortie scolaire au parc de Parilly avec sa classe de 5ème . Après une course d’orientation, une partie de loup et une séance d’arrosage improvisée avec ses camarades, c’était l’heure de rentrer et le prologue vers l’âge adulte pour Dounia. En guise de symptôme, son corps s’était mis à saigner de l’intime intérieur, la douleur fut telle qu’elle comprit que sa vie venait de basculer.

Dounia -4

Dans le car du retour elle observait avec nostalgie ses amies s’amuser sans elle. Elle enviait leur innocence et leur joie enfantine. Elle s’était sentie arrachée et exclue de cet univers insouciant contre son gré. Elle savait toutes ses amies non atteintes de ce mal honteux, du moins c’est ce qu’elles disaient. A cette époque avoir ses règles était une tare et yemma lui avait clairement expliqué que ce jour-là, elle deviendrait femme et qu’il faudrait impérativement qu’elle l’en informe.

Ce que fit timidement Dounia à son retour : « Yemma, j’ai saigné », elle n’eut point besoin de préciser l’origine du saignement, la quinquagénaire compris immédiatement à la gêne de la fillette « tu n’es pas tombé !? On ne t’a pas fait du mal !?» L’enfant répondit non, tête baissée. Khadra s’était alors mise à son niveau, empoignant de ses grosses mains les 2 bras chétifs de la fillette et tentant de pénétrer au plus profond de ses yeux affolés « Tu me le dirais n’est-ce pas ? », « mais t’inquiètes Yemma je suis ni tombée ni rien » répondit Dounia la gorge serrée en essayant de se dégager de l’étreinte imposée.

Puis la femme lui donna la monnaie nécessaire pour acheter ses protections sans aucune autre information, elle dut se débrouiller tant bien que mal avec ce qu’elle avait appris à la télévision, avec ses amies … Ce soir-là, Yemma afficha un air grave qui ne se dissipa qu’à peine depuis.

Dounia se sentait coupable d’un corps devenu imprévisible et étranger. Un corps qui l’avait éloigné de sa maman de cœur et d’adoption. Le comportement de Mohsin avait également changé par procuration. Sa mère lui avait transmis son trouble en l’informant du nouvel état de sa sœur. Lui, avait fait preuve de moins de retenue dans son propos et lui avait craché en pleine face : « Ramène un ventre et jte jette du 14ème ! » …

Déchoir les préjugés – 4

Les « assistés » sont privilégiés


La pauvreté n’est pas un privilège. On ne s’y habitue jamais. On la supporte, en espérant en sortir chaque jour.

Et comme une guirlande d’épines autour du cou, la pauvreté a tout son lot de misère assorti : la précarité de l’emploi, du logement, les racismes, les problèmes de santé psychiques et physiques, les différentes formes d’exclusion …

Mais en plus de toutes les difficultés qu’elle génère, certaines personnes aimeraient nous mettre à terre, nous voir ramper et nous ôter jusqu’à notre dignité.

Un jour, une salariée administrative a dit à sa collègue au téléphone : « je suis face à une personne (moi) qui n’a aucun statut … ». Et elle parlait de moi comme si elle était seule et qu’il n’y avait rien, ni personne en face d’elle.

Une autre fois, une conductrice de bus à qui j’avais demandé un renseignement, s’était permise de me dire, agacée : « Je ne réponds pas aux assistés ». Pourtant, ma situation n’était pas affichée sur mon front et quand bien même j’avais été sans emploi. Est-ce que ça lui donnait le droit d’être agressive ?

Ce type d’anecdotes est régulier, sans compter toutes ces personnes qui vous parlent sèchement, parfois même sans vous regarder.

Face à ce genre d’attitude, il est nécessaire de : montrer à la personne qu’on a en face avec des mots, une attitude ou un regard, qu’elle n’est en rien supérieur. Généralement elle reprend sa place.

Pour moi ça fonctionne, et même si je reconnais être aujourd’hui plus facilement sur la défensive. Je n’autorise personne à toucher à mon intégrité ou à m’humilier. Ma dignité ne dépend ni du mépris, ni de la condescendance d’autrui.


Les « assistés » profitent du système


De quel système ? Je ne saisis pas bien le sens de ce mot et il m’intéresse peu. Je me sens plutôt prisonnière, maintenue dans un état contre mon gré. Je persiste à chercher un emploi malgré les refus systématiques. Je reste active et bénévole, travaille aux mêmes rythme et intensité qu’un salarié. A la seule différence que je ne suis pas rémunérée.

Malgré cela, j’ai envie de croire en l’avenir. Là où ça devient à la limite du supportable, c’est quand on observe, impuissante, ses enfants et ses proches souffrir et s’abîmer à cause de ce fléau et du « manque ».

Car même en répétant sans cesse que ce n’est pas la situation financière d’une personne qui en définit sa valeur et que la vraie richesse est humaine. Ça ne demeure qu’un murmure inaudible quand tout ce qui est autour montre froidement que « sans argent, tu n’es rien ».

 

 

Relogement : ça va mieux

Récemment, nous ( les representants du collectif ) avons demandé une réunion collective dans le cadre du relogement. Les personnels de Grand Lyon Habitat ont répondu à notre demande. Nous avons été accueillis dans leurs locaux par 3 personnes de l’agence, une du GPV et l’adjointe aux affaires sociales, santé, logement.

Ce qui est déplorable, c’est que nous n’étions que très peu de locataires. Et que les personnes pour qui nous avions demandé cette réunion ne sont pas venues par individualisme. Et je ne parle pas de ceux pour qui l’heure ne convenait pas. 

Dorénavant, il sera donc hors de questions que nous nous impliquions pour des personnes qui ne font pas d’effort pour ce collectif et pour l’intérêt commun. flyespoird

Jusque là, nous n’avons fait que transmettre et demander des réunions aux acteurs du relogement pour des problèmes qui n’étaient quasiment jamais individuellement les notres. Les représentants de collectifs se mettent en avant au détriment de leurs propres intérêts et se « grillent » même parfois, pour des personnes qui souvent ne le méritent pas ! Beaucoup de locataires se plaignent sans cesse mais quand il s’agit d’agir de manière constructive, il n’ y a plus personnes.

En revanche, du côté de Grand Lyon Habitat, il y a eu une amélioration au niveau de l’écoute. Ils ont par ailleurs, prévu un local avec un deuxième conseiller en relogement pour répondre à nos attentes. Beaucoup de relogés le sont dans le neuf et en sont pour le moment satisfaits. Tout n’est pas parfait bien entendu mais ils font des efforts et il serait injuste de notre part de ne pointer que ce qui est négatif.

 

 

 

 

Le festival d’Art & d’Air & nos jeunes


« Après la pluie, le beau temps »

Contre vents et marées, nous avons navigué tous ensemble autour du festival d’Art & d’Air vers un seul et même objectif : « Le vivre ensemble ».

Merci à Justine, Nouria, Marie, Kheyra, Carole, Espoir, Dalila, Myriam, Amir, etc. … Ainsi qu’à tous ceux qui ont participé à ce challenge.

Ces 3,4 et 5 juin, nous étions « en mode » déterminé à la Duchère. Et malgré les intempéries à l’ouverture, le festival d’Art & d’air 2016 est une vraie réussite. Nous avons même eu du soleil pour finir en beauté !

Quant aux adolescents participant au projet de parents : « Elan Jeune » (soutenu par l’association Educ’Réseau), ils ont géré leur stand et leur logistique comme des pros ! En autonomie et en équipe. Ils se sont adaptés aux contraintes et se sont volontiers intégrés aux autres stands et associations du village solidaire. Leur motivation et leur bonne humeur ont ensoleillé nos cœurs !

Ces jeunes adorent vendre et faire des affaires. C’est vers ce genre d’activités commerciales qu’il faudrait peut-être les accompagner pour grandir et s’épanouir au contact des autres.

 

 

 

Témoignages d’habitantes

« LES JEUNES DE CITES SOUFFRENT »   &   « LES JEUNES SONT EN DANGER »


Nos jeunes sont trop vite stigmatisés et exclus. C’est plus facile que de chercher et trouver de vraies solutions … Et cette étiquette semble se transmettre de génération en génération depuis bien trop longtemps. Il est urgent que ça cesse. D’autant plus qu’une personne qui a fait et qui fait parfois encore des « bêtises » reste un être humain capable d’évoluer et de se remettre en question. Une situation n’est jamais figée, ni irréversible surtout lorsqu’on est jeune. L’exclusion n’est pas la solution, c’est un crime silencieux

Ces derniers jours je n’ai plus ni le temps ni l’inspiration pour écrire. Nos adolescents mobilisent toute notre attention (et énergie). C’est pourquoi je publie sous forme de billet, les témoignages anonymes de 2 mamans du quartier ( Aissma et Hajar : prénoms d’emprunts ). Ils se trouvent aussi sous l’onglet : « Témoignages » de mon blog .

Je les trouve très touchants et d’actualité.

Témoignage d’Aissma : « LES JEUNES DE CITES SOUFFRENT »

Aissma, 45 ans, habite la Duchère depuis le début des années 80 :

En ce moment, je suis malade. On cherche si j’ai un début de cancer. A chaque fois que j’ai mes résultats je vais sur internet pour chercher les mots difficiles. Un jour je suis tombée sur une conférence faite par le cancérologue Henri Joyeux qui m’a beaucoup touchée. Il parlait des jeunes de cités défavorisées. Il expliquait que certains cherchaient à oublier leur souffrance avec des produits stupéfiants, en plus de la cigarette et de l’alcool. Que beaucoup de ces jeunes commençaient à fumer dès l’âge de 15 ans et qu’un nombre important développera un cancer du foie à l’âge de 35 ans à cause de ces produits toxiques.

J’habite à la Duchère, chaque jour je fais mon petit tour et je vois ces jeunes regroupés entre eux en train de fumer. L’alcool, ils ne le boivent pas le jour. A mon avis ils doivent le boire la nuit. Je pense qu’ils ont honte qu’on les voit parce qu’ils savent que c’est interdit dans notre religion.

Je pense que l’on devrait ouvrir un grand centre pour les jeunes où l’on trouverait psychologues, éducateurs, et policiers. Les policiers devraient expliquer à ces personnes qu’ils sont là pour les protéger. Parce que les jeunes eux sont convaincus que la police les déteste.

J’ai remarqué que les grands du quartier de la Duchère veillent sur les petits comme sur leurs propres frères. Les grands transmettent leur souffrance aux petits et ainsi de suite. Ils sont tous gentils grands et petits, mais on sait que la souffrance conduit souvent à la haine … La pauvreté conduit au mal et «C’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches » – Victor Hugo.

C’est bien d’aider les réfugiés, mais la France ne doit pas oublier ses propres enfants qui souffrent beaucoup, et sa belle devise : « Liberté – Egalité – Fraternité ».

Témoignage de Hajar : « LES JEUNES SONT EN DANGER »

Hajar, 42 ans habite le quartier depuis 1981 :

Souvent ils arrêtent l’école très tôt, alors parfois leur esprit critique n’est pas assez développé. Ces jeunes se sentant rejetés par la société et non compris par leur famille deviennent la proie facile des pervers.

Ces pervers parfois présents dans nos quartiers mais surtout sur Internet sont des manipulateurs, leurs coeurs sont pleins de haine. Ils se nourrissent de la sensibilité de ces jeunes en les harcelant psychologiquement. Ces monstres savent que nos jeunes sont fragiles et sans repères, donc pour les atteindre, ils se servent de la religion musulmane, puisque la plupart des jeunes ne connaissent pas leur religion.

Ces déviants se servent de tous les moyens pour faire un lavage de cerveau à nos enfants. Ils leur envoient des images blessantes et leur font croire que c’est leur devoir de sauver ces pays. Mais l’objectif de ces monstres est de sacrifier ces personnes sans diplômes et sans connaissances religieuses.

En réalité le mot Jihad ne signifie pas faire la guerre … Par exemple : Le jihad des jeunes c’est de réussir leurs études et leur vie  professionnelle.