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Pourquoi « Vues de l’intérieur » ?

Parce que beaucoup de Français ignorent tout de nos quartiers et s’en sont fait une opinion sur des élucubrations souvent malsaines !
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La street, le Tieks, le Bendo … Et le RAP inconscient

Le RAP Français ne cesse de s’appauvrir laissant souvent place à de jeunes (et moins jeunes) rappeurs se valorisant à travers des attitudes et des paroles violentes et provocatrices. C’est malheureusement la culture que revendiquent fièrement et de plus en plus tôt beaucoup d’adolescents de quartiers pauvres et populaires.

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Les motos, les armes, le sexe, la drogue, les femmes objets, la défiance vis-à-vis de la police et de l’autorité … Sont revendiqués sans aucunes gênes et tout à fait librement … Tous ces sons rythmés et très séduisants font des millions voire des dizaines de millions de vues à chaque nouvelle publication. Beaucoup de jeunes aiment leurs quartiers de cette manière et s’y attachent avec cette identité. En pensant ainsi être valorisés et reconnus. Ces chanteurs ont-ils conscience de l’impact de leurs mots sur nos vies et celles de nos enfants ? Ou bien ont-ils fait de notre misère un commerce ?

En tant que parents nous sommes inquiets face à cet engouement dont les objectifs sont purement commerciaux. De plus, les très grandes audiences et notoriétés n’ont pas échappé à beaucoup de marques qui y glissent de la publicité de façon subtile mais non moins efficace. Alimentant et validant ainsi cette culture de la violence.

Cette valorisation par le mal cible prioritairement une jeunesse déjà socialement fragilisée. C’est une mentalité qui attise chez des adolescents l’envie de prendre des risques à un âge où l’on n’a pas forcément conscience du danger. C’est aussi, très souvent, des paroles et des situations dégradantes pour les femmes. Ces tendances existaient déjà dans nos quartiers mais avec Internet, elles se sont amplifiées et interrogent des parents démunis face à des comportements provocateurs et sexistes qu’ils n’ont jamais enseignés à leurs enfants.

Par ailleurs, la rénovation urbaine et le changement d’identité qu’elle apporte aux quartiers perturbent nombres d’adolescents en construction qui se reconnaissent difficilement dans ce nouveau décor et dont ils se sentent parfois exclus. Avec la transformation urbaine, c’est tout un pan de l’histoire des quartiers qui disparaît. Ce qui est loin d’être anodin …

Un accompagnement éducatif bienveillant basé sur la confiance et la découverte d’une culture plus saine devrait être proposé en aide aux parents des quartiers populaires. Il faudrait aussi accorder à ces adolescents et jeunes adultes ainsi qu’à leurs ressentis, une réelle attention en leurs proposant par exemple, de s’exprimer à travers des ateliers audiovisuels, d’écriture …

« Prends pas ta vie pour une chanson parce qu’un beau jour tu vas danser sans sons »- Kerry James

 

 

Dounia & Louis …

Je continue d’écrire ma fiction inspirée de faits réels : Dounia.

Afin que l’histoire soit cohérente dans son ensemble, je dois revenir sur certains passages déjà écrits.  Il faudrait donc que je la finisse complètement  avant de mettre la suite sur mon blog …

Aujourd’hui, je publie un petit extrait qui n’est pas une suite. C’est un personnage de l’histoire et une rencontre improbable. Louis : un riche architecte qui fera vivre et voir à Dounia ce qu’elle n’aurait probablement jamais du savoir …

Louis

louis

Louis avait la quarantaine. C’était une beauté froide au regard perçant et bleu acier. Il ne laissait jamais transparaître la moindre étincelle d’émotion ce qui rendait la jeune fille complètement dingue et perplexe. Ses violents silences énigmatiques et répétés donnait à Dounia l’impression de toujours rester sur sa faim.
Lui, semblait au dessus de tout, tout connaître, tout savoir, tout contrôler …
Sans vraiment comprendre pourquoi, elle voulait l’élucider et percer à jour son mystère. Mais il délivrait chaque mot avec parcimonie et méfiance. Parfois, un sourire illuminait son visage et le rendait humain un bref instant. Mais il reprenait très vite les rennes de son personnage robotisé …

Notre petite mosquée s’en va …

Ce n’est pas vers la grande et belle mosquée que mes pensées vont aujourd’hui. C’est vers toi, que je me tourne avec tristesse et nostalgie. Tu nous as rappelé nos origines et nos cultures. Tu as été un lien entre nos différents pays et le quartier. Tu nous as réunis, mariés, soignés, enseignés, accompagnés vers la mort parfois …

Tu nous as aussi appris à lire et à écrire d’une autre manière. Je n’oublierai jamais mes premiers cours d’arabes avec tous mes amis du quartier et d’ailleurs (pensées à Azza, Nora, Ahlam, Nassima, Mohamed, Sonia …), nos rires, nos jeux fous, nos bêtises … Tu nous as vu grandir et puis partir …

Tu as abrité aussi des changements, des divergences d’opinions, des conflits : l’imbécilité des hommes. Malgré cela, tu n’as jamais failli à ton devoir, de jour comme de nuit. Tu n’as jamais manqué une seule prière ni même une seule fête. Tu peux t’en aller sereine et laisser ta place à la nouvelle. Petite mosquée comme tu vas nous manquer !

 

 

 

Relogement : chacun attend (im)patiemment son tour …

Etre relogé c’est : se faire déménager


Depuis l’annonce de la démolition, en septembre 2015, les bâtiments 520 et 530 de la Sauvegarde se vident régulièrement. Lentement mais sûrement. Depuis quelques mois, j’évite le sujet et essaie de ne plus y penser. Pourtant il le faut, nous devrons partir, bientôt. Où ? Je n’en ai absolument aucune idée.

Une partie de moi a de plus en plus envie de quitter ce quartier, alors qu’une autre et mes enfants souhaitent y rester. Alors je ne sais pas. Mon amie et voisine m’a dit il y a quelques jours : « J’en peux plus, j’ai envie de partir, je n’ose plus rien acheter pour la maison, plus rien bricoler chez moi ». Elle attend impatiemment une proposition . Etre relogé c’est mettre sa vie en pause. C’est un sentiment très souvent partagé. « On t’a proposé quelque chose ? » c’est la question qui revient toujours en premier lorsque l’on se croise.


La rénovation urbaine c’est aussi un changement d’identité


J’ai entendu dire que la Duchère allait changer de nom comme cela a été fait pour la barre communément appelée : « Chicag » et rebaptisée (officiellement) l’Alizé. Je pense et j’espère que ce n’est qu’une rumeur. Les rumeurs, les on dits, les non-dits sont nombreux et peu rassurants. J’essaie de ne plus y prêter attention.

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La métamorphose et les travaux sur la Duchère se poursuivent soulevant au passage des masses de questions et d’inquiétudes. Parmi lesquelles : La rénovation profitera-t elle réellement aux anciens habitants ? Diminuer le nombre de logements sociaux ne va-t-il pas entraîner une hausse des prix, significative pour les plus pauvres ? Sommes-nous devenus aujourd’hui des « indésirables » au sein de notre propre quartier ? Comment cette nouvelle identité est-elle perçue par les jeunes et les adolescents en construction ?  Notre quartier était jusqu’alors un endroit où l’on se sentait chez nous, ce qui compensait le sentiment d’exclusion que l’on pouvait ressentir ailleurs.

Notre parole, nos ressentis doivent être écoutés, pris en considération, sans tabous ni condescendance et surtout agis en conséquence. L’objectif principal étant que nous soyons mieux logés après le relogement et la rénovation. Sinon, pourquoi déménager ?

« Ce n’est qu’un chat, quand même ! … » – Le Blog de Frimousse

Je partage ce billet qui provient du Blog de Frimousse parce qu’il m’a beaucoup touchée et qu’il révèle 2 comportements dont j’ai absolument horreur :

  • Penser à la place des autres
  • Minimiser leurs ressentis

Hier, Zoé a mis un commentaire sur l’article du Blog de Frimousse. Moi, Frimousse, et mon Maître on vous invite à lire le texte ajouté à son commentaire, si vous ne l’avez pas déjà fait. Voici. Je me souviens de cette femme, un soir, qui pleurait … C’était chez des amis. On se donnait des […]

via « Ce n’est qu’un chat, quand même ! … » — Le Blog de Frimousse

Arrêtez de me regarder comme ça !

arretez-de-me-regarder« Arrêtez de me regarder comme ça ! » : c’est le titre du spectacle joué mardi 18 octobre à la MJC Duchère et qui se produira de nouveau ce jeudi 10 novembre, à 19h, au TNG de Vaise – Lyon 9.

« Arrêtez de me regarder comme ça !» : c’est aussi une phrase répétée à la fin d’une représentation où tous les acteurs ; professionnels et habitants, avancent main dans la main en harmonie avec leurs différences. C’est très émouvant et admirable autant sur le fond que sur la forme.

Le spectacle révèle, entre autres, le contexte de peur de l’Islam que nous vivons aujourd’hui en France et comment cela se répercute sur le quotidien de femmes musulmanes voilées (ou pas). Il donne la parole à des femmes souvent déshumanisées parce que réduites à leurs  voiles.   Lire la suite de « Arrêtez de me regarder comme ça ! »

Dounia – 4

« Repasse ma chemise »

Après avoir à peine gratter la porte en guise d’avertissement, Mohsin pénétra dans la chambre de sa sœur assoupie. Elle ouvrit les yeux sans grande surprise et lui dit d’une petite voie encore somnolente :

  • Quoi encore ? Tu vas pas me laisser tranquille jusque dans ma chambre !?
  • Repasse ma chemise, Yemma est fatiguée
  • Tu viens de me mettre une droite et tu veux que jte repasse ta chemise ? T’es sérieux là ?
  • Excuse-moi mais tu m’as trop énervé, c’est parti tout seul. J’aime pas quand tu sors avec ces p….. !
  • C’est pas des p…. , c’est mes copines ! On allait juste en ville, on allait rien faire de mal !
  • Mais les gens ils parlent trop dans le quartier, tu sais pas toi, ce qui se dit … Moi je fais ça pour te protéger, c’est pour ton bien.
  • Pour mon bien tu me frappes … Un peu contradictoire, tu trouves pas ?

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Un automne au soleil …

Un  « Automne Ensemble » : C’est le premier événement de l’association de parents : ÉLAN JEUNE.

Voici un petit extrait d’une superbe fête qui rassemble et réchauffe !

Nos jeunes ont montré qu’ils pouvaient faire de belles choses …

Un automne ensemble ♥

Je n’écris plus beaucoup parce que très occupée avec notre nouvelle association ELAN JEUNE, et notre premier événement :

UN AUTOMNE ENSEMBLE

L’événement est prévu samedi 15 octobre à partir de 12h au Parc du Vallon de la Duchère, sur l’entrée haute, côté Avenue Rosa Parks. Je précise que s’il pleut la fête aura lieu quand même. A la salle des fêtes et des familles, pas loin du vallon et juste à côté du centre social Sauvegarde (avenue Rosa Parks).

Il y en aura pour tous les âges et tous les goûts avec des stands de :

  • Barbe à papa
  • Grillades sur plancha
  • Gaufres, boissons …
  • Des animations pour les petits, et une ambiance DJ pour tous

 

Un nouvel élan …

Nos priorités et besoins ne seront jamais mieux définis que par nous-même

Aujourd’hui, je regardais la petite maison dans la prairie et l’état de santé de Lars Hanson était en ruine. A l’image du village qu’il avait construit jadis avec une telle passion. Il dit d’une voix chancelante à son ami le Dr Becker : « C’est sa population qui fait un village, pas les maisons ». Cette phrase est tellement vraie et quelle que soit l’époque où le contexte …

Récemment, j’étais chez le dentiste et me tordais de douleur sous ses instruments. Mais il insistait et continuait son travail en me disant : « mais non tu n’as pas mal c’est impossible je le verrai sur mon appareil ! ». Il travaillait et regardait ma dent sur son écran. Il était convaincu que j’en faisais trop alors que moi j’avais vraiment mal. C’était comme si sa machine était plus en lien avec ma douleur que mon nerf lui-même !

Ça m’a fait penser à tous ces gens instruits qui croient nous connaître et connaître les solutions à nos problèmes mieux que nous-même. Ces personnes sont souvent bienveillantes et pleines de bonne volonté mais si j’essayais de régler leurs difficultés je m’y prendrait aussi mal qu’elles s’y prennent pour régler les miennes. N’étant pas issus du même milieu socio culturel, nos préoccupations et priorités de vie ne sont inéluctablement pas les mêmes.

J’aimerais que dans nos quartiers, on nous fasse enfin confiance. Que l’on nous aide, que l’on soit associés, que l’on fasse les choses ensemble, oui. Mais en nous donnant les outils pour nous sortir par nous-même des galères liées à nos conditions de vie, pas en pensant les solutions à notre place. « Ce qui est fait pour nous sans nous est fait contre nous » – Nelson Mandela.

C’est de ces sentiments très souvent partagés par mes amis et « semblables » qu’est né il y a quelques mois, le collectif  : « Elan Jeune ». Une association pour les habitants, par des habitants.

elanjs2
https://elanjeune.wordpress.com